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La connaissance (de l'Art) nous rend de plus en plus dignes de l'immortalité.
Depuis l'aube des temps, sous tous les cieux et dans toutes les civilisations, l'astrologie, la magie et l'alchimie ont constitué les trois volets fondamentaux de la science traditionnelle.
L'astrologie-astronomie a conduit ainsi à la connaissance de l'harmonie universelle qui préside à la conception de notre univers en même temps qu'elle permettait d'entrevoir son reflet sur la destinée humaine; l'alchimie a permis à ses adeptes de découvrir l'infinie puissance de l'esprit sur la matière et dans la matière de l'oeuvre ; et la magie a montré souvent la réalité de l'action de ce même esprit sur les forces vitales de notre être profond.
La franc-maçonnerie, grâce à son processus initiatique qui vise à la transformation et même à la transmutation, précisément, de cet être profond, a toujours offert à ses membres la possibilité de recourir à ces trois arts, voire de les pratiquer, tout en demeurant, elle, sur un plan purement spirituel, «spéculatif» diront même ses fondateurs, inspirés par la «Royal Society».
Mais si l'astrologie a laissé de nombreuses traces dans la symbolique maçonnique - le soleil, la lune, la voûte étoilée en sont les témoins éloquents - si la magie n'est pas absente de l'ensemble de ses rituels, c'est bien l'alchimie qui compose avec elle la plus naturelle, la plus efficace et la plus mystérieuse des conjonctions.
Ce n'est point un hasard d'ailleurs si alchimie et franc-maçonnerie portent toutes deux le nom «d'Art royal».
L'origine de ce terme demeure controversée. Il ne s'agit point de rapporter ici l'alchimie et la franc-maçonnerie à un quelconque roi terrestre ou à de vulgaires circonstances politico-historiques, comme l'a cru Rebold qui attribuait le mot de «royal» à Charles II Stuart pour la maçonnerie...
Mais bien de se référer au sens originel de ce terme qui signifie notre propre «royauté» sur nous-même, difficilement et patiemment acquise, notre propre «empire», qui en alchimie est symbolisé par le «soufre-roi» commandant à l'adepte sa conduite et, en maçonnerie, par la pleine maîtrise de l'initié, parvenu - s'il y parvient toutefois jamais ! - au terme de sa quête.
Ajoutons que l'Art royal est aussi l'art de la règle (regulus = «petit roi») qui s'impose tout à la fois à l'alchimiste dans son laboratoire - ora et labora ! - et au maçon dans sa loge. Et souvenons-nous que chez les maçons opératifs, la Règle avait le même pouvoir symbolique que le Volume de la Loi sacrée... Précisons enfin que, en alchimie comme en franc-maçonnerie, l'Art royal ressortit au «sacré» comme au «secret» et qu'il est à ce titre le garant réel de notre quête de la transcendance.
A elle seule cette dénomination d'Art royal, appliquée aux deux ascèses alchimique et maçonnique, devrait nous inciter à mieux comprendre la démarche commune de leurs adeptes respectifs.
Si Oswald Wirth a parfaitement démontré cette communauté d'objectif dans Le symbolisme hermétique dans ses rapports avec l'alchimie et la franc-maçonnerie, il ne fut pas le seul.
Déjà le frère William Höhler publiait en 1905 à Ludwigshafen un ouvrage où il montrait que notre ordre se rattachait par son symbolisme à la philosophie hermétique et donc à l'alchimie.
Reproduisant de larges extraits des textes alchimiques de Basile Valentin, de l'abbé Trithème, de Raymond Lulle et d'Arnaud de Villeneuve, il montrait à quel point ceux-ci recoupaient la quête maçonnique ajoutant d'ailleurs que la Kabbale, la magie et l'astrologie étaient également à rapprocher de l'alchimie et de la franc-maçonnerie, toutes ces sciences, disait-il, s'appliquant «à la réalisation du Grand Œuvre et à découvrir les lois qui régissent l'Univers».
Un rituel des hauts grades écossais nous apprend d'ailleurs à ce propos qu'il «n'est réellement admirable que la Loi universelle qui régit toutes les choses dans leur ensemble et chaque chose en son détail».
En d'autres termes Julius Evola nous rappelle que «le but de l'initiation est la supra-nature» et que ce but ne peut être atteint que par «la connaissance énergétique de l'Univers».
Jacob Boehme, bien avant lui, ne parlait pas d'autre chose lorsqu'il évoquait «la grande initiation de la Nature» tandis que de nos jours l'auteur anonyme des Arcanes majeurs du Tarot assimile la transmutation alchimique à une «garde du coeur», de ce coeur, qui, souligne-t-il, «bat au fond de toutes les religions, toutes les philosophies, tous les arts et toutes les sciences passées, présentes et futures» et que l'initiation maçonnique permet d'éveiller dans l'âme de chacun de ses initiés...
Ancien directeur du Progrès de Lyon, croyant et franc-maçon, titulaire des grades supérieurs du Rite écossais, Jean-Jacques Gabut, a occupé de hautes fonctions au sein de la Grande Loge de France.
Il a publié chez Dervy "Les survivances chevaleresques dans la franc-maçonnerie du REAA" et "Les symboles de la franc-maçonnerie".